Le droit d’allaiter

(You can also read the English version of this article.)

 

Beaucoup de femmes qui auraient voulu allaiter n’ont pas le droit d’allaiter leur bébé ou de continuer de l’allaiter. D’abord, on dit à beaucoup de mères qu’il n’y a aucune différence entre l’allaitement et la nutrition artificielle, et donc, elles ne reçoivent pas ce qu’il leur faut pour faire une décision éclairée sur comment nourrir leur bébé. Quelle femme déciderait de nourrir son bébé artificiellement si elle savait qu’il y a maintes études qui suggèrent qu’une femme qui allaite ses enfants a moins de risques de souffrir d’un cancer du sein, d’un cancer des ovaires et probablement aussi d’un cancer de l’utérus et que plus longtemps qu’elle allaite, moins sont grands les risques ?

 

Je rigole ? Qui va arrêter une femme d’allaiter son bébé ? Et comment peut-on l’arrêter de le faire ?

 

La vérité ? Les mères sont souvent empêchées d’avoir le droit d’allaiter, ce droit enlevé par des professionnelles de la santé, des juges, et par des représentants de la protection de l’enfance dès les premiers jours après la naissance aussi bien qu’une fois que l’allaitement va bon train.

 

Même quand tout va très bien, les mères se font souvent fortement conseiller de donner du lait de vache au bébé, puisqu’il n’y a « rien dans le lait maternel après un an d’allaitement ». On leur dit qu’elles doivent arrêter l’allaitement complètement pour la même raison, ou parce que l’enfant ne deviendra pas « indépendant » ou aussi fou que cela puisse sembler, parce qu’allaiter un enfant de plus d’un an est une forme d’abus. Ici les paroles d’un psychiatre français, dans le journal Le Soir, le 29 novembre 2003 « Le sein ne se partage pas : prolonger l’allaitement au-delà de sept mois est un véritable abus sexuel ». On n’a pas de paroles pour exprimer une réponse à une telle niaiserie.

 

La plupart des mères avaient voulu allaiter leur bébé et avaient fait confiance au système médical qui aurait dû les appuyer dans leur désir d’allaiter. Ces mères, que le système médical aurait dû aider à éviter des problèmes d’allaitement et surmonter des problèmes d’allaitement, souvent restent découragées, elles se culpabilisent, sentent qu’elles ont raté leur allaitement. Beaucoup d’entre elles croient, à tort, qu’elles n’ont pas pu allaiter pour des raisons médicales. Elles ne savent pas que c’est le système médical qui avait miné leur allaitement et alors elles se blâment et ne blâment pas les pratiques auprès du travail et la naissance et même après la naissance du bébé qui ont détruit leur allaitement. Beaucoup de mères qui nourrissent leur bébé artificiellement, des mères qui avaient l’intention d’allaiter leur bébé, auraient pu poursuivre l’allaitement si seulement elles avaient reçu l’information qu’elles n’avaient pas eu besoin d’arrêter pour leur condition médicale ou pour les médicaments qu’elles devaient prendre. (Le fait que beaucoup de médicaments prescrits pour les mères allaitantes ne sont même pas nécessaires est une autre histoire, un problème général en médecine, et rend l’histoire encore plus triste). En plus, la peur que son bébé ne reçoive qu’une quantité de lait critiquement basse et que sa santé soit compromise est employée comme tactique d’effroi afin de faire consentir la mère à donner du lait artificiel à son bébé et de secouer sa résolution de poursuivre son allaitement.

 

Si les professionnelles de la santé savaient vraiment comment savoir si un bébé prend bien le sein, et comment savoir si le bébé buvait du lait plutôt que faire pas semblant de boire, des professionnelles de santé sauraient si l’allaitement allait bien ou non, et si l’allaitement n’allait pas bien, ils sauraient comment aider la mère et le bébé avant que la situation s’empire et même devienne dangereuse. Un bébé ne reçoit pas nécessairement du lait du sein simplement parce qu’il a le sein dans la bouche et fait de mouvement de succion. En fait, les bébés peuvent recevoir suffisamment de lait même avec la première tétée immédiatement après la naissance comme on peut voir dans cette vidéo où on voit des pauses au menton du bebe quand il s’ouvre la bouche au maximum. Il est vrai que les pauses sont courtes, mais il reste que le bébé est en train de recevoir du lait. Ce bébé de 24 heures a des pauses beaucoup plus longues que le bebe qui vient de naitre, et il est évident qu’il boit beaucoup de lait. En plus, les professionnelles de santé ne savent pas comment augmenter le débit de lait s’il était nécessaire.

 

Ce que la plupart de professionnelles de santé savent au sujet de l’allaitement, de l’allaitement pratique, de « Que dois-je faire pour mes mamelons douloureux, docteur » (pas « quelle est la concentration d’anticorps dans le lait maternel? ») ne remplira un dé à coudre. En général, si le moindre problème d’allaitement survient, ce que les mères entendront de la professionnelle de santé serait « donnez du lait artificiel » ou même « sevrez le bebe complétement ».

 

Souvent des mères sont forcées de donner des suppléments de lait artificiels ou d’arrêter l’allaitement complétement dans des cas où le bebe ne gagne pas suffisamment du poids, par la menace d’impliquer la protection de l’enfance dans son cas et que le bébé ou l’enfant sera appréhendé si la mère ne suit pas les « ordres du médecin ». Ceci est effrayant, parce les médecins qui feraient quelque chose comme cela, sans référer la mère et le bébé à quelqu’un expérimenté à aider des mères à mieux gérer leur allaitement, n’ont aucune idée de ce qui se passe et ce qui peut améliorer la situation et souvent dépend uniquement du poids du bébé. Et dépendre uniquement du poids du bébé n’est pas une bonne façon d’évaluer comment mal ou bien va l’allaitement. Assez souvent, corriger le problème n’est pas compliqué.

 

Il est clair de notre expérience avec plusieurs milliers de mères ayant eu de l’aide à notre clinique pendant 33 ans, que beaucoup peut être fait afin d’aider la mère et son bébé qui ne gagne pas suffisamment de poids. Avec un peu d’aide qualifiée et habile, la mère pourrait continuer à allaiter exclusivement. Malheureusement, seulement une petite minorité de mères reçoivent l’aide dont elles ont besoin parce que la mère et le bébé ne sont pas référés à quelqu’un qui peut aider, et malheureusement, ce quelqu’un n’est pas le pédiatre, qui devrait savoir comment, mais rarement le sait.

 

Parfois la solution est facile. La façon que le bébé prend le sein peut être ajustée afin que la mère n’ait plus mal aux mamelons et afin que le bébé reçoive plus de lait du sein avec cet ajustement de la prise du sein.

 

Une autre façon d’ajuster la prise du sein est de diviser, ou libérer un frein de la langue serré. Parfois le résultat de libérer le frein de la langue augmente d’une façon dramatique la quantité de lait que le bébé reçoit du sein. Souvent employer la compression du sein augmentera aussi le débit de lait du sein et augmentera ce que le bébé reçoit du sein de sorte que le bébé n’ait pas besoin de supplément.

 

En revanche, d’accord, ce n’est pas toujours aussi facile. Même si le bébé a vraiment besoin de recevoir des suppléments, il est possible de les donner avec un dispositif d’aide a l’allaitement. En employant cette méthode, on peut maintenir l’allaitement en même temps que le bébé reçoit un supplément. Par contre, employer un biberon afin de supplémenter, la méthode habituellement recommandée par les professionnelles de la santé, peut faire en sorte que le bébé rejette le sein.

 

How to supplement without using a bottle

Figure 1. Dispositif d’aide a l’allaitement (DAL) employé afin de supplémenter un bebe qui ne reçoit pas assez de lait du sein et quand d’autres méthodes d’augmenter ce que le bebe reçoit n’ont pas marché. L’allaitement est beaucoup plus de du lait maternel; il est aussi un lien, un rapport, un rapport intime, physique aussi bien qu’émotionnel entre la mère et le bébé. Le dispositif d’aide à l’allaitement est une méthode de maintenir l’allaitement même quand le bébé ne reçoit pas assez de lait (il différé et fonctionne mieux que le système commercial SNS)

Malheureusement la plupart des mères ne reçoivent pas une telle aide. La plupart des fois, les mères se sentent frustrées et accablées parce qu’elles ont voulu allaiter et, à cause d’un manque d’aide qualifiée ou à cause des conseils médicaux incorrects, elles commencent à voir l’allaitement comme « peu fiable », « douloureux », « potentiellement dangereux » et finalement, l’importance de l’allaitement « exagérée ». Quand les mères qui ont voulu allaiter sont empêchées de le faire, elles peuvent devenir fâchées et traumatisées, incapables de comprendre et vivre la joie de l’allaitement. Elles peuvent recourir à des mécanismes d’adaptation qui viennent à la surface dans des discussions de la nutrition de l’enfant. Un de ces mécanismes d’adaptation est de blâmer l’allaitement, quand, en fait, ce n’est pas l’allaitement qui est en faute, sinon c’est la faute du système qui les a fait échouer.

 

 

Ci-dessous, vous trouverez quelques exemples qui démontrent comment le système médical et la société en général enlèvent le droit d’allaiter aux mères. Ce sont des exemples comment la nutrition artificielle est considérée la méthode standard, la méthode par défaut de nourrir un bebe et l’allaitement est vu comme dispensable, bon en théorie, mais pas vraiment nécessaire.

 

Beaucoup d’obstétriciens et des médecins de famille offriront aux femmes enceintes des « pamphlets d’informations » et assez souvent des échantillons de lait artificiel. Ces « cadeaux » viennent dans de jolies boites qui contiennent aussi des coupons pour acheter du lait artificiel moins cher. Ces pamphlets, très souvent, donnent l’impression que le lait artificiel est aussi bon, même meilleur, que le lait maternel et que l’allaitement est toujours et nécessairement douloureux et fatiguant. Ce n’est pas vrai; l’allaitement est douloureux et fatiguant parce que les mères ne reçoivent pas l’aide dont elles ont besoin pour bien initier et poursuivre l’allaitement. Si mettre le bébé au sein est douloureux, il y a un problème qui peut être et doit être réglé mais la plupart des professionnelles de santé croit qu’allaiter est normalement douloureux et fatiguant et ne font rien pour aider la mère.

 

En plus les pamphlets proposent que donner des biberons et donner du lait artificiel est une partie normale de nourrir un bébé et même un enfant jusqu’à 3 ans. On dit régulièrement dans ces pamphlets que donner des biberons au bébé permet au père de prendre part à la nutrition du bébé et aide au père à établir un lien avec son bebe, comme si nourrir le bébé est la seule façon d’établir ce lien. Et que le père donne un biberon au bébé, c’est bon aussi parce que « ça vous donne une petite pause, un petit moment de repos », ce qui rappelle subtilement qu’il est normal que l’allaitement fatigue la mère. En fait, les mères pour lesquelles l’allaitement marche bien, diront souvent comment reposant et facile est l’allaitement. Mais quand c’est difficile et fatiguant, c’est en général à cause du fait que l’on avait donné des mauvais conseils à la mère; nous avons mis des bâtons dans ces roues.

 

Les photos ci-dessus d’un livret fait par une compagnie de lait artificiel dit tout. La raison d’être de ces livrets, donnés librement dans beaucoup de bureaux de médecin et même de pédiatre est de faire perdre la confiance des mères en l’allaitement. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Quand ces « cadeaux » sont donnés par une personne d’autorité, comme un pédiatre, obstétricien ou un médecin de famille, le message est encore plus fort. C’est un approbation d’un produit par des personnes à qui la femme enceinte fait assez confiance pour prendre soins d’elle et son bebe qui n’est pas encore né. Et les médecins, compris les obstétriciens, discutent-ils jamais l’allaitement? Discutent-ils de comment éviter des problèmes d’allaitement, comment leurs interventions durant le travail affectent négativement l’allaitement ? Au plus, ils vont demander si la mère avait l’intention d’allaiter, et si la mère disait « oui », ils répondront « Bon, le lait maternel est le meilleur ». Et si ces « cadeaux » venaient d’un médecin de famille ou d’un pédiatre après la naissance du bébé, la mère fait confiance maintenant à ces gens qui prendront soins de son précieux enfant.

 

From a pamphlet

Figure 2. Typiquement, on exploite l’inquiétude des mères que leur bebe ne reçoive pas assez de lait. La solution, évidemment, un biberon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Making breastfeeding a problem

Figure 3. Bien sûr, on discute les problèmes de la nutrition accompagnés d’une photo qui démontre un bébé au sein avec la mère dans une position inconvénient qui lui donnera mal au cou, certainement.

 

 

 

How to supplement without problems

Figure 4. Des suppléments discutés comme si c’était normal en donner, et évidemment, sans aucuns problèmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mères de bébés nés prématurément. On leur dit presque universellement (au moins en Amérique du Nord) que leur bébé ne peut commencer à prendre le sein avant qu’il ait 34 semaines de gestation, toujours 6 semaines prémature. En fait, le bébé aurait pu commencer à prendre le sein bien avant 34 semaines de gestation. En même temps, il est souvent le cas que les médecins et les infirmières insistent que le bébé doit bien prendre un biberon avant de commencer à prendre le sein. Vraiment ? Pourquoi?

 

D’abord, d’où vient cette idée de « 34 semaines magique » ? Pas des études médicales. Nous savons de l’expérience de plusieurs années en Scandinavie que des bébés prématurés peuvent commencer à prendre le sein à partir de 28 semaines et même plus jeunes. Pas tous, mais au moins quelques-uns. Et nous savons de cette même expérience en Scandinavie que des bébés prematures peuvent être au sein et être allaites exclusivement à 32 à 33 semaines, 1 à 2 semaines avant que nous commencions même à leur offrir le sein en Amérique du Nord. (Et je veux souligner que les bébés sont au sein, parce que dans la tête de beaucoup, nourrir un bébé avec du lait maternel dans un biberon c’est « allaiter » – Non, ce n’est pas du tout la même chose).

 

On dit aux mères de bébés nés prématurément, ou de bébés malades, ou de bébés qui ne gagnent pas du poids assez bien qu’elles doivent donner des suppléments avec un biberon parce qu’allaiter fatigue trop le bébé et prend trop de calories. C’est faux. Le bébé ne « travaille » pas pour faire sortir du lait du sein de la mère. Il n’est pas obligé de sucer très fort pour faire sortir le lait. Ce n’est pas la façon que l’allaitement fonctionne. Le bébé prend le sein, stimule le sein pour que le sein « transfère » du lait au bebe. Le bébé fait sa part, il n’est pas un « récipient » passif, il stimule le sein pour que le sein « livre » le lait. Le bébé ne travaille pas du tout. C’est absurde de dire que téter rend le bébé fatigué, mais on le croit, généralement, parce que généralement, les professionnelles de santé apprennent très peu d’utile ou pratique au sujet de l’allaitement pendant leur formation et encore moins après qu’elles ont fini leur formation.

 

Les bébés tètent activement quand le débit de lait est assez rapide, mais quand le débit se ralenti au point où très peu de lait passe au bébé, le bébé aura tendance à s’endormir au sein. Alors, un bébé endormi au sein est enlevé du sein, et puis commence à pleurer et donne signes d’avoir toujours faim, convainc l’observateur que le bébé avait travaillé si fort à sucer qu’il s’est endormi tellement il était fatigué. Cette situation arrive parce que généralement on n’enseigne pas aux mères les bases de l’allaitement, compris, ce qui est une bonne prise du sein et comment savoir si le bébé reçoit du lait du sein ou par contre reçoit peu de lait du sein. Regarder cette vidéo d’un bébé né à 35 semaines de vie, maintenant âgé de 5 semaines. Il vaut la peine de lire le texte qui accompagne la vidéo. En plus, le sein doit faire concurrence avec le débit rapide du biberon et aussi du fait que la production de lait des mères diminue parce qu’elles tirent leur lait au lieu de donner le sein et d’être peau- à-peau avec leur bébé.

 

Quand un bébé nait avec un risque d’avoir une glycémie basse, on va souvent forcer la mère d’accepter que son bébé reçoive du lait artificiel, donné dans un biberon. Mais, il est connu que le colostrum est meilleur pour prévenir et traiter une glycémie basse que le lait artificiel. La plupart du temps, si la mère recevait de l’aide appropriée, l’allaitement (au sein) serait adéquat pour protéger le bébé d’une glycémie basse. Le bébé peau-à-peau avec la mère aussi aide à maintenir la glycémie à un niveau sécuritaire.

 

Quand le bébé a de l’ictère pendant les premiers jours de vie, souvent, presque toujours, on force la mère à donner du lait artificiel, la plupart des fois avec un biberon. On va jusqu’à forcer la mère à ne pas donner le sein du tout. Ce qui cause l’ictère à un niveau plus élevé que la moyenne chez le bebe de 2 ou 3 jours, habituellement, c’est que le bebe ne tète pas bien et ne reçoit pas assez de lait. Donc, donner du lait artificiel, « aidera », mais ne touche pas le vrai problème, le vrai problème étant que le bebe ne tète pas bien. En plus, le biberon fera en sorte, généralement, que l’allaitement marche encore moins bien qui peut avoir le résultat d’un sevrage très précoce. Ce qui devrait se faire? La mère reçoit de l’aide pour que le bebe reçoive plus de lait du sein. Et comment? En aidant le bebe d’avoir la meilleure prise du sein possible, en montrant à la mère comment savoir que le bebe reçoit du lait (un bebe ne reçoit pas du lait simplement parce qu’il a le sein dans la bouche et fait des mouvements de succion), et en lui montrant comment employer la compression du sein pour que le bebe reçoive plus de lait. Ce bebe reçoit beaucoup de lait; donc, le fait qu’il boit bien fait en sorte que l’ictère n’est pas un problème. Et même si son poids avait diminué par 10%, ce n’est pas un problème non plus parce qu’il boit beaucoup de lait.

 

Les premiers jours après la naissance, il peut être si facile de corriger les problèmes d’allaitement et même prévenir des problèmes si la mère reçoit de l’aide qualifiée et habile. Malheureusement, la plupart des mères ne reçoivent pas une aide et un appui adéquat. Pire, beaucoup reçoivent des conseils qui font en sorte que l’allaitement aille encore pire. Le pire du tout? Le niveau de la jaunisse baisse rapidement, ce qui convainc la mère que son lait est en faute, et rassure les médecins, les infirmières, et les sages-femmes qu’ils avaient raison, qu’ils ont fait ce qu’il doit et, bien sûr, que le lait maternel cause l’ictère. Mais non, la vérité c’est le manque de lait qui cause l’ictère à un niveau plus élevé que la moyenne. Aurait-il été possible de faire baisser le niveau de l’ictère en aidant la mère à allaiter plus « efficacement » pour que le bebe reçoive plus de lait? Oui, bien sûr, mais donner du lait artificiel est bien plus facile et prend moins de temps que passer du temps avec la mère en lui aidant à bien allaiter son bébé.

 

Si le bébé nait avec une fente palatine, on dit à la mère que le bébé n’est pas capable de prendre le sein et qu’il ne vaut pas la peine même d’essayer. Il est vrai que beaucoup de bébé ne prendront pas le sein, mais il y en a qui peuvent. Une chose est certaine – si on n’essaie même pas de mettre le bébé au sein, le bébé ne sera pas allaité. Le bébé dans cette vidéo a une fente du palais mou et il tète, il boit du lait du sein, attaché au sein.

 

La plupart des mères son forcées de donner du lait artificiel si le bébé perd plus que 10% de leur poids de naissance pendant les premiers 3 ou 4 jours de vie. C’est une absurdité! Il n’y a pas de raison de croire qu’une perte de poids de 10% est basée sur quelque chose de scientifique pour évaluer comment bien ou mal le bébé reçoit du lait du sein. Et comme résultat, beaucoup de bébés finissent par être nourris au biberon et au lait artificiel, parce que les mères ont perdu confiance en l’allaitement et parce que les biberons donnés on fait que le bébé ne tète pas bien au sein. Baser le « besoin » de supplément sur un poids plutôt que la façon que le bébé prend le sein et boit du lait n’a pas de sens. Mais c’est comme ça que ça se fait dans la plupart de centres hospitaliers en Amérique du Nord.

 

Il y a des gens que croient vraiment que nourrir adéquatement son bébé et allaiter exclusivement sont incompatibles. Ils se trompent royalement. Les médecins et les infirmières doivent considérer le long-terme de leurs interventions et ne pas chercher la solution rapide qui est le lait artificiel et le biberon.

 

On dit à une mère, ayant eu une réduction mammaire qu’elle ne pourra pas allaiter son bébé. C’est probablement vrai que la mère ne pourra pas allaiter exclusivement son bébé. Mais elle pourra l’allaiter, avec des suppléments de lait donné, vérifié sécuritaire, ou avec du lait artificiel. Le bébé peut être au sein, sans d’autre façon de le supplémenter, si la mère utilisait un dispositif d’aide à l’allaitement (voir figure 1.). Supplémenter pendant que le bébé est au sein fait plus que garder le bébé au sein, ce qui est déjà quelque chose. En plus, le bébé continue à recevoir du lait du sein en même temps qu’il reçoit le supplément, et le risque que le bébé refuse de prendre le sein est beaucoup moins élevé. Ce qui est plus important encore, l’allaitement est beaucoup plus que du lait maternel. L’allaitement est une relation intime, physique et émotionnelle, entre deux personnes qui sont amoureux l’un de l’autre. La valeur de cette relation ne peut être mesurée par la quantité de lait maternel que la mère produit et il est important que nous commencions à comprendre l’allaitement en ses manifestations diverses.

 

Trop de mères sont conseillées d’interrompre l’allaitement si elles prennent des médicaments. Ce n’est pas vrai qu’avec très peu de médicaments, rarement employés pour des femmes allaitantes. Et souvent, il y a des alternatifs efficaces que les mères allaitantes peuvent prendre plutôt que les rares médicaments douteux. La grande majorité de médicaments n’entrent pas dans le lait en quantités inquiétantes et qui peuvent nuire au bébé, les quantités étant minuscules, même infimes. Il y a des médicaments qui n’entrent pas dans le lait du tout, et pourtant on dit à la mère qu’elle est obligée d’interrompre l’allaitement parce que c’est dangereux pour le bébé. Finalement, la vraie question est la suivante : lequel est plus sécuritaire pour le bebe, l’allaitement avec une quantité infime de médicament dans le lait ou le lait artificiel? Étant donné les risques de la nutrition artificiel, il est clair que l’allaitement est le plus sécuritaire ! Pour une discussion plus ample, un chapitre de mon premier livre.

 

Les juges qui décident les cas d’accès aux enfants et la garde des enfants quand les parents sont séparés, ne comprennent rien des besoins spéciaux de l’enfant allaité et encore moins des besoins spéciaux du bambin allaité, même si le principe de décider tels cas c’est « les meilleurs intérêts de l’enfant ». Le temps que la mère et le père passent avec le bébé peut être accommodé pour tout le monde, l’enfant compris, si le juge comprenait que le bébé allaité n’est pas comme un bébé au biberon. Et le bambin allaité est encore « plus différent » ! Même si on n’est pas d’accord qu’un bambin devrait être allaité, ici la vérité: le bambin allaité se sent en sécurité, est conforté par le sein, et ressent l’amour aussi quand il y a une situation turbulente dans la famille. Comme déjà mentionné, l’allaitement n’est pas seulement une question de nutrition, une idée qui est, évidemment, étrangère à beaucoup de gens dans notre société, compris beaucoup de juges. Pour un bambin, être refusé le sein, peut être très difficile émotionnellement. Et ce ne sera pas facile pour la mère, et pour le père non plus.

 

Dans beaucoup de régions, les services de la protection de l’enfant, est un grand problème. Souvent, une famille est référée par un médecin aux services de la protection de l’enfant, parce que le bébé ne gagne pas bien du poids (la raison la plus commune, probablement). Mais la mère et l’enfant n’ont pas reçu de l’aide pour que le bébé gagne mieux, seulement que le bébé fallait recevoir du lait artificiel. Et si la mère ne veut pas donner du lait artificiel, on la menace. « Donnez du lait artificiel, ou on va appréhender votre bébé ». Un des cas le plus récent que j’ai vu: le bébé avait 6 mois et c’était vrai, le bebe n’avait pas bien gagné du poids. J’avais suggéré que la mère ajoute des solides et qu’elle nourrisse le bébé aux deux seins à chaque tétée (elle ne donnait qu’un sein par tétée suivant les conseils d’une consultante en lactation). Elle a suivi mes conseils et le bébé a commencé à gagner du poids rapidement, mais pour la protection de l’enfance, ce n’était pas « suivre nos exigences ». Il fallait donner du lait artificiel. Et quand la mère a refusé, on a appréhendé le bébé. « On va lui montrer ».

 

Ces exemples ci-dessus où les mères se font dire qu’il faut arrêter l’allaitement sans besoin ne sont que quelques-uns de ce que j’entends des mères qui m’écrivent ou que viennent à notre clinique. La plupart des fois les problèmes auraient pu être évités en premier lieu ou traiter sans employer du lait artificiel, et surtout sans arrêter l’allaitement. Mais la plupart des fois, les mères n’ont pas reçu l’aide qu’elles devaient recevoir.

 

Si je discutais toutes les situations dont j’entends parler tous les jours, des situations où les mères n’ont pas le droit d’allaiter, même si elles avaient fait une décision éclairée de le faire, j’aurais écrit un document un peu plus long que Guerre et Paix. Même discuter tous les côtés des situations mentionnées ci-dessus, prendrait un livre. Par contre, plusieurs réponses aux problèmes d’allaitement peuvent se trouver dans nos feuilles d’information.

 

Si vous avez besoin d’aide à allaiter votre bébé, faites un rendez-vous pour notre clinique.

No Comments

Sorry, the comment form is closed at this time.